To be or not to be hétérogène

Mis à jour : mai 20

Vous avez passé un bilan de QI (WAIS-IV) ? S’il-vous-plait, votre participation à ma recherche de thèse de psychologie serait une aide précieuse…


Image par GuHyeok Jeong de Pixabay


Je suis psychologue clinicienne. Mais je suis également impliquée dans la recherche, et c’est ce qui motive les lignes qui suivent. Dans le cadre de ma thèse de doctorat en psychologie menée à l’Université Côte d’Azur, j’étudie dans quelle mesure le stress et les traumatismes de l’enfance pourraient expliquer l’hétérogénéité de profil de QI chez les adultes entre 18 et 60 ans (voir par exemple la méta-analyse de Masson et al., 2015). L’étude permettra de porter une attention particulière aux adultes HPI, mais pas uniquement : je m’intéresse à tout le monde parce que je pense que le sujet est important.


C’est pourquoi je suis à la recherche de personnes ayant passé un bilan de QI (WAIS-IV), quels que soit les résultats obtenus. Muni(e) de votre compte-rendu, il vous suffit de vous inscrire de manière totalement anonyme sur le site créé pour les besoins de l’étude (onglet N BOISSELIER) : https://datapsy.org


Il vous sera ensuite demandé, si vous y consentez, de remplir un certain nombre de questionnaires concernant vos expériences de l’enfance, mais également concernant votre bien-être psychologique actuel et vos stratégies de régulation émotionnelle.


Les données obtenues seront traitées avec la plus entière confidentialité. Votre identité sera remplacée par un numéro aléatoire. Aucun autre renseignement ne sera dévoilé qui puisse révéler votre identité. Toutes les données seront aussi gardées dans un endroit sécurisé et seules les personnes investies dans cette recherche y auront accès.

Merci d’avance si vous acceptez de m’aider dans ce projet important qui peut permettre, à terme, une meilleure connaissance de l’apparition de l’hétérogénéité de profil de QI et de ses conséquences, une meilleure prévention de son apparition chez les enfants, et également une meilleure prévention du développement ultérieur de troubles psychologiques liés au stress, et notamment les troubles anxieux et de l’humeur.

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez vous rendre sur le site de l'étude, ou me contacter par email.


Quels sont les enjeux de cette recherche sur l'hétérogénéité cognitive ?

Nous en savons finalement assez peu sur les personnes qui présentent un profil de QI hétérogène. Du point de vue la psychologie du développement, l’hétérogénéité cognitive reste effectivement encore un objet d’étude peu investigué.


Plusieurs "sources" d’hétérogénéité ont pu être identifiées au cours du temps. Il existe ainsi une source développementale qui est considérée comme « normale » et non pathologique (les enfants et les personnes âgées sont plus hétérogènes). On a aussi pu montrer que les personnes HQI pouvaient présenter un profil cognitif hétérogène sans que ce soit non plus "pathologique" (Labouret & Grégoire, 2018), mais résulte d’effets statistiques (régression vers la moyenne) ou de la différenciation variable des aptitudes selon l’efficience (plus le QI augmente, plus le poids du facteur g diminue).


Toutefois, certaines pathologies peuvent s'accompagner d'hétérogénéité cognitive, et donc renvoyer à un facteur de vulnérabilité. C’est la raison pour laquelle l'hétérogénéité a souvent été explorée dans des populations cliniques, comme par exemple chez des enfants avec un TDA/H ou un trouble du spectre autistique, ou encore chez des adultes souffrant de schizophrénie.


Dans la population spécifique des personnes HPI, l’hétérogénéité cognitive a également été pointée parfois comme un facteur de vulnérabilité. Elle a notamment été associée à certains troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie) ou neurodéveloppementaux (TSA ou TDA/H). Elle qualifierait une population plus à risque de consulter, en lien avec un syndrome de dysrégulation émotionnelle. Selon une étude conduite par Guénolé et al. (2015), ce syndrome comprendrait : (a) des perturbations de l’attention mais également de l’humeur (trait et état) incluant l’irritabilité chronique, l’instabilité de l’humeur et des tempêtes émotionnelles, et (2) des perturbations des comportements incluant l’hyperexcitabilité, l’impulsivité et l’agressivité (Guénolé et al., 2015). Pour certains chercheurs, ces difficultés sembleraient perdurer à l’âge adulte à travers notamment une moins bonne qualité de vie perçue, des difficultés familiales et professionnelles et une augmentation des troubles psychologiques.


Un des facteurs pouvant contribuer à l’apparition de l’hétérogénéité de profil pourrait être lié à la question du stress et de l’adversité. En effet, des évènements négatifs pendant l’enfance (particulièrement pendant les périodes sensibles du développement) menant à un stress chronique ou des traumatismes mentaux et physiques contribuent à des changements structurels et fonctionnels bien réels mais différenciés dans le cerveau. Ces changements peuvent avoir un retentissement durable sur le fonctionnement cérébral chez les adultes et se retrouver dans la mesure de leurs capacités intellectuelles (Masson et al., 2015), particulièrement en termes d’hétérogénéité.

Par exemple, il a été historiquement montré que la survenue d’un trouble stress post-traumatique (TSPT) s’accompagne d’une réduction du volume de l’hippocampe (Bremner et al., 1995), une région cérébrale impliquée dans la mémoire, l’apprentissage et l’extinction de la peur. Ce résultat et d’autres semblent confirmer que l’impact d’un événement traumatique n’est pas homogène au niveau des structures du cerveau, supportant l’hypothèse selon laquelle l’adversité dans l’enfance pourrait déterminer proportionnellement l’hétérogénéité cognitive par le biais d’une dysrégulation des processus émotionnels. De plus, un effet cumulatif pourrait être induit chez les enfants qui sont exposés à un stress incontrôlable et continu, même à un niveau minimal.


De telles données semblent justifier l’objectif principal de ce projet de recherche, qui est d’étudier si les facteurs de stress et les parcours traumatiques qui ont marqué l’enfance peuvent être associés chez l’adulte à l’hétérogénéité cognitive, particulièrement chez les adultes HPI. De plus, cette étude a pour objectif de mieux cerner les facteurs cognitifs et émotionnels qui peuvent être associés à cette hétérogénéité du profil de performance.


Sur le plan des résultats attendus, l’étude devrait permettre d’établir des liens inédits entre les différents types de traumas qui ont pu être répertoriés et l’hétérogénéité cognitive. L’attention accrue portée aux populations HPI devrait contribuer à une meilleure compréhension de ceux dont le profil de QI est hétérogène et qui n’ont finalement quasiment jamais été étudiés en dehors de certains troubles (c-à-d., TDA/H, autisme et troubles des apprentissages). En outre, l’étude devrait contribuer à une meilleure description des individus HPI de profil hétérogène, notamment les aspects liés à la régulation émotionnelle ; description qui fait actuellement défaut dans la littérature. Il n’existe effectivement à notre connaissance aucune étude, sinon une seule, ayant observé dans quelle mesure l’hétérogénéité cognitive affecte notamment les systèmes de régulation émotionnelle ou le bien-être psychologique.

D’un point de vue clinique et éducatif, l’identification des facteurs environnementaux explicatifs de l’hétérogénéité de profil de QI et de ses conséquences associées permettra à terme une meilleure prise en charge des personnes HPI consultantes, enfants et adultes. Elle permettra également une meilleure prévention de son apparition auprès des éducateurs familiaux et scolaires en leur apportant guidance et conseils, mais aussi permettra une meilleure prévention du développement de troubles psychiatriques liés au stress, à l’anxiété ou de l’humeur.


Convaincu(e) ?

Si ces quelques lignes ont réussi à vous convaincre de participer à ma recherche de thèse, n'hésitez pas à vous connecter sur le site de l'étude (onglet N BOISSELIER) : https://datapsy.org


Les seules conditions sont d'avoir entre 18 et 60 ans et d'avoir passé un bilan WAIS-IV dont vous avez les chiffres sur le compte-rendu qui a dû vous être transmis par votre psychologue.


Peu importe les résultats que vous avez obtenus : j'ai besoin de tous les types de profils.


Il y a plusieurs questionnaires, mais vous avez 5 jours pour y répondre à partir de la création du compte.


D'avance, et du fond du cœur : MERCI !

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