Une soignante
En m'inscrivant dans des études universitaires il y a plus de 12 ans, deux aspirations me portaient : comprendre et soigner, ou encore comprendre POUR soigner. Il était évident pour moi qu'il n'y a pas de santé sans santé mentale. Il était tout aussi évident que le métier de psychologue ne se pratique pas dans la seule conversation avec un patient. Il correspond à une certaine attitude, à une certaine manière de se saisir des situations et des émotions pour en faire des moments de soin et de transformation.
Pour cela, je me suis formée à des psychothérapies fondées sur la preuve scientifique. Cela traduit le fait que les psychologues appliquent des traitements, même s'il s'agit de traitements non-médicamenteux. Il est donc nécessaire de s'assurer de la preuve que ces traitements sont opérants, comme c'est le cas pour les Thérapies Comportementales, Cognitives, et Émotionnelles (TCCE).
Ainsi, bien que chaque cas soit unique et nécessite d'adapter l'approche et le rythme, il me semble évident que je ne peux pas soigner une dépression réactionnelle à un harcèlement au travail de la même manière que je soignerais un patient qui évite de s'inscrire dans la moindre relation sociale et vit dans l'isolement. De la même manière, je ne peux pas aborder un adulte qui rapporte une enfance heureuse et un adulte rapportant un environnement précoce marqué par la maltraitance ou la négligence.
Certaines conditions neurodéveloppementales sous-jacentes nécessitent également des adaptations spécifiques. C'est notamment le cas pour l'autisme, du TDA/H, de la bipolarité, etc. Il est donc important de savoir aussi les repérer dans une démarche de diagnostic différentiel.
C'est pourquoi je me suis formée à des psychothérapies permettant ces adaptations, qu'il s'agisse de TCC classique, de la Thérapie des Schémas, de l'EMDR, de la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT), et parfois de la pleine conscience (mindfulness) ou de l'hypnose. J'utilise quotidiennement ces thérapies de manière intégrative, c'est-à-dire en sélectionnant les outils thérapeutiques qu'elles proposent en fonction des objectifs du moment et des besoins exprimés par mes patients.
Par ailleurs, mon approche est centrée sur les personnes que j'accueille en consultation. Je les reçois avec une écoute bienveillante, dans le respect de leur vécu unique et de leur personnalité, mais aussi de la manière dont elles vivent leurs difficultés. Mon objectif est de les accompagner sur la voie du changement, afin qu'elles puissent renouer avec une vie constructive et qui fait sens pour eux.
Une enseignante
Je chéris particulièrement les principes de partage et de transmission. En ce sens, j'ai l'honneur de participer à la formation de mes futurs collègues en tant que Chargée de Cours à l'Université Côte d'Azur.
J'interviens quelques heures auprès des étudiants en Licence de psychologie. Mais surtout, j'ai l'honneur d'enseigner longuement les troubles de la personnalité en lien avec le psychotraumatisme et la thérapie des schémas aux étudiants en dernière année du Master Psychologie Clinique - Vulnérabilités et Développement du Psychotraumatisme (PCVDP).
Une chercheure
Il existe deux origines possibles aux troubles psychologiques : une origine innée pouvant affecter le neurodéveloppement, et une origine environnementale, c'est-à-dire précipitée par des situations stressantes. Par ailleurs, des facteurs acquis peuvent interagir avec des facteurs innés, ou ils peuvent s'ajouter. Par exemple, les traumatismes précoces — d'origine environnementale — interfèrent avec le neurodéveloppement, et il est évident que l'on peut être autiste ou TDA/H et dépressif ou traumatisé.
Dès le début de mes études, j'ai compris la nécessité de bien connaître, reconnaître, et évaluer l'ensemble de ces facteurs, afin de pouvoir mettre ces connaissances au service de mes patients. Mieux encore, j'ai attrapé "le virus" de la recherche, où je me suis investie avec passion.
La première caractéristique pour grande partie innée à laquelle je me suis intéressée était l'intelligence cognitive, en me focalisant sur la population des adultes à Haut Potentiel Intellectuel (HPI). Face aux nombreux mythes proliférant dans les médias et le grand public les concernant, j'ai eu à cœur de répondre à deux questions essentielles : (1) Souffrent-ils plus que les autres dans le domaine social et émotionnel ? (2) Pourquoi certains rapportent des difficultés et d'autres pas ?
La première question a conduit à la publication d'une première étude scientifique en 2021. C'était une étude modeste, mais elle m'a aidée – en collaboration avec ma directrice de recherche – à forger des hypothèses viables pour m'engager dans un travail de thèse de doctorat. Ce travail m'a occupée pendant plusieurs années, en y consacrant tout le temps où je ne consultais pas en cabinet. Soutenue en 2025, ma dissertation doctorale m'a permis de montrer que l'adversité précoce (maltraitance, négligence, surprotection) était en partie ce fameux facteur permettant de distinguer les adultes HPI en détresse psychologique de ceux déclarant être en bonne santé mentale. Une étude scientifique parue dans la revue Current Psychology rend compte d'une partie de cette conclusion.
Mes recherches m'ont également amenée à collecter une quantité considérable des connaissances que je mets au service de ma pratique clinique en cabinet. Ces connaissances concernent bien évidemment l'intelligence et le HPI. Mais elles concernent également le psychotraumatisme sous toutes ses formes, ainsi que l'ensemble de ses conséquences psychosociales et sur la santé mentale.
Mieux comprendre le neurodéveloppement m'a enfin conduit à m'intéresser à d'autres conditions fortement contraintes par la génétique. Il s'agit bien entendu de tous les troubles psychotiques ou du trouble de la personnalité borderline. Il s'agit également des troubles du spectre de l'autisme et du TDA/H. Je les mets un peu à part en raison des forts retards de diagnostic existant chez les adultes pour ces deux troubles en particulier. Or, ces retards ont une incidence sur la vie des adultes qui en souffrent, et une influence considérable sur d'éventuelles interventions psychothérapiques. C'est principalement la raison qui m'a conduite à inclure leur évaluation dans ma pratique clinique.
Comme j'espère l'avoir montré, l'ensemble de mes activités — clinique, enseignement, recherche — sont donc fortement liées et imbriquées, et je sais qu'il me serait aujourd'hui très difficile de renoncer à l'une d'entre elles au profit des autres !
Partage des connaissances
Partager des connaissances en les rendant accessibles à tous fait partie des missions à la fois du chercheur et du psychologue. Pour la psychologue que je suis, la psycho-éducation permet de jouer un (petit) rôle dans l'amélioration de la santé mentale collective dont on sait qu'elle ne qualifie pas particulièrement notre ère moderne. Pour la chercheure, il s'agit de partager les résultats les plus récents de la littérature scientifique, allant de la psychologie aux neurosciences, dans le contexte de fausses informations et de mythes diffusés par des personnes intéressées ou mal documentées.
C'est pourquoi j'accepte volontiers de répondre aux journalistes qui me sollicitent. Au cours des années, j'ai également donné un certain nombre de conférences et de webinaires, et je suis souvent intervenue dans le podcast Intensément qui cherche à diffuser des informations fiables au plus grand nombre. Enfin, je publie régulièrement des articles sur mon blog, que vous pouvez consulter ici.

