Quelle sorte d’amoureux(se) êtes-vous…

Pour les psychologues, les styles d’attachement romantique reprennent ceux existant chez l’enfant et ne font que les réactualiser de manière inconsciente. Si vous tombez toujours sur le même genre de personne et vivez encore et encore le même type de relation toxique, ce n’est donc pas un hasard. Mais ce n’est pas une fatalité et vous pouvez travailler à changer les choses.

La théorie de l’attachement de John Bowlby (1978) a marqué un tournant en psychologie puisqu’elle détermine comment les êtres humains s’attachent aux autres et la manière dont ils construisent et vivent leurs relations avec d’autres humains. Pour construire sa théorie, Bowlby s’est intéressé à la nature du lien mère-enfant. Son postulat phare : chacun d’entre nous a besoin de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de manière stable, cohérente et continue pour développer un développement social et émotionnel normal.

L’attachement possède à la fois à une composante innée et une composante apprise. Il existerait ainsi un besoin primaire présent chez tous les nouveau-nés de nouer un lien d’attachement avec celui ou celle qui deviendra sa figure d’attachement ou donneur de soin. Ce besoin, hérité de l’Evolution, correspond à une nécessité de protection et de sécurité propre à l’espèce. Il se fonde sur cinq comportements donnés à la naissance et permettant de nouer et maintenir le contact avec le donneur de soins : le sourire, la vocalisation, les pleurs, le comportement d’aggripement et la succion.

A partir de ce système inné se développe un schéma (ou type) d’attachement qui dépend cette fois de l’expérience et peut donc être différent entre les individus. Ce schéma d’attachement repose sur l’apprentissage des liens affectifs que le bébé construit dans l’enfance auprès de sa figure d’attachement (souvent la mère, considérée par Bowlby comme la « base de sécurité »). Si le schéma d’attachement se développe tout au long de la vie, de nombreux travaux scientifiques ont pu montrer qu’il était principalement joué dès les premiers mois de la vie et qu’il existait une fenêtre dite « sensible » pour qu’il se construise. Ainsi, des enfants privés de soins attentifs et continus peuvent se laisser dépérir et mourir.

Pour ce qui concerne les types d’attachement, deux ont principalement été identifiés. Si la figure d’attachement est disponible et apporte de la sécurité affective à son enfant, celui-ci développera un attachement de type sécurisant (ou sécure). En revanche, si cette figure n’apporte pas de sécurité affective, l’individu développera un attachement de type insécurisant (ou insécure).

En résumé, même si le système d’attachement se manifeste d’abord par des comportements innés permettant de rechercher la proximité affective, il s’étaye à partir de modèles de représentations internes construits à partir des expériences d’interactions du sujet avec sa figure d’attachement. Ces expériences vont donner lieu à des croyances et à des représentations concernant cette figure d’attachement. Elles se généralisent ensuite par « duplication » aux relations interpersonnelles avec lesquelles le même schéma sera reproduit, y compris les relations amoureuses.

L'attachement chez l'enfant

A la suite de Bowlby, de nombreux chercheurs ont travaillé sur l’attachement, et particulièrement la psychologue Mary Ainsworth. Grâce à de nombreuses observations et à la mise au point d’un protocole expérimental inédit (connu sous le nom de « situation étrange »), elle a pu préciser les types d’attachement et surtout montrer que le type insécure se scindait en trois schémas (ou styles) différents déterminant différentes modalités d’attachement :

• Groupe A (attachement insécure évitant) : Il caractérise des enfants qui présentent peu de manifestations affectives ou de comportements en direction de la base de sécurité. Ces enfants paraissent peu affectés par la séparation, ont tendance à éviter la proximité et le contact avec la mère lors des retrouvailles et se focalisent surtout sur les jouets présents dans l’environnement. Si un étranger leur retire le jouet qu’ils manipulent, ils peuvent se raidir ou se détourner. Dans cette catégorie, l’enfant n’a pas confiance dans la disponibilité de son donneur de soins. Il tente de contrôler son anxiété face à la séparation en abaissant le niveau de ses ressentis émotionnels et en se détournant de la mère. Pourtant, le désintérêt ou l’indifférence dans le lien d’attachement n’est qu’apparent puisqu’il traduit la volonté de se défendre face à l’anxiété résultant de la séparation d’avec la mère. Les parents de tels enfants ont été montrés comme apportant souvent peu ou pas de réponse à l’enfant stressé. Ses demandes sont accueillies par de l’agressivité, du rejet ou de l’indifférence. Ils découragent les pleurs et encouragent l'indépendance. Adulte, l’enfant peut ne garder qu’un nombre limité de souvenirs précis de ses expériences d’attachement, dénier des expériences négatives, voire idéaliser les parents.

• Groupe B (attachement sécure) : Ces enfants peuvent manifester une forme de protestation lors des séparations, surtout lors d’une séparation stressante. Mais ils accueillent avec plaisir leur mère lors de son retour, notamment en recherchant la proximité. Après avoir été réconfortés, ils retournent ensuite jouer. Dans cette catégorie, l’enfant se montre donc confiant vis-à-vis du donneur de soins parce que ce dernier lui apporte un sentiment de sécurité. Les parents de tels enfants ont été montrés comme répondant généralement de façon constante et appropriée à leurs enfants. Ils sont disponibles, cohérents, aimants. Devenu adulte, la personne est capable de faire une description détaillée et cohérente de ses expériences, positives ou négatives. Elle est à l’aise avec ses imperfections et celles de ses parents.

• Groupe C (attachement insécure ambivalent) : Ce sont des enfants qui expriment de la détresse lors de la séparation, mais avec un mélange de recherche de contact et de rejet colérique, et il est difficile de les réconforter. De plus, le retour et le réconfort de la mère ne diminuent pas la détresse de l’enfant. Ces enfants cherchent de manière importante à attirer l’attention de leur figure d’attachement. Perturbés s’ils sont séparés d’elle, ils ne font pourtant pas mine de rechercher sa présence. Après son retour lors d’une séparation, ils n’arrivent pas à se calmer et à s’intéresser à leur environnement, comme des jouets disposés dans la pièce. Ces enfants ont souvent des parents montrant une incohérence entre des réponses appropriées et d'autres négligentes. Les réactions de tels parents peuvent être imprévisibles ; un même comportement peut être accueilli avec de l’enthousiasme une fois, et de la colère une autre fois. A l’âge adulte, les souvenirs des enfants de ce groupe sont souvent vagues, et il peut y avoir beaucoup de colère envers les parents.

• Groupe D (insécure désorganisé) : Cette modalité d’attachement a été ajoutée par Main en 1985. Elle caractérise des enfants dont on ne comprend pas les intentions. Leurs comportements apparaissent désorganisés simultanément ou dans leur succession. Ils peuvent par exemple se figer ou avoir des réactions contradictoires ou colériques, ou encore avoir des réponses stéréotypées lors du retour de la figure d’attachement. Ils ne se sentent pas en sécurité, ni lorsqu’ils sont loin du parent, ni lorsqu’ils s’en approchent ; il en résulte une image de soi négative. Ces enfants ont souvent eu des parents maltraitants, ayant des comportements figés ou figeants, intrusifs ou négligents, maniant la négativité, cofondant les rôles (l’enfant devient le parent et inversement), ou faisant des erreurs régulières de communication. A l’âge adulte, le discours des expériences de l’enfance est souvent incohérent, contradictoire, incomplet.


L'attachement chez l'adulte

Chez l’adulte, on considère les stratégies d’attachement sont comme des stratégies de régulation émotionnelle et de traitement de l’information émotionnelle. Il semblerait donc qu’à partir de son expérience affective infantile avec sa figure d’attachement, l’individu construise sa capacité de faire face à ses émotions et à les gérer. La stratégie sécure est ainsi considérée comme une stratégie de régulation émotionnelle équilibrée. Quant aux stratégies insécures, qui marquent un dérèglement dans le traitement et la régulation des émotions, on en distingue deux types :

- La stratégie d’hyperactivation (le type « préoccupé » dans l’attachement amoureux dont nous allons parler plus bas). Elle correspond au débordement émotionnel et à l’incapacité de traiter des informations de manière adapté puisque l’individu est envahi par ses émotions,

- La stratégie de désactivation (le type « détaché ») consiste à réprimer les émotions et à inhiber toute information de nature émotionnelle.


Ces stratégies de régulation émotionnelle, qui président à la manière dont chacun noue et maintient des relations avec autrui, réactualisent les modèles d’attachement issus des expériences infantiles passées. Bowlby considérait déjà que le système d’attachement fonctionne tout au long de la vie. L’adulte recherche ainsi continuellement dans son environnement actuel (qu’il soit amoureux ou amical) de la disponibilité, du réconfort et un sentiment de sécurité, tout comme il le faisait enfant avec ses parents. Ainsi, pour reprendre les termes de Shaver et Mikulincer (2002), les styles d’attachement adulte sont des « patterns systématiques d’attentes, de besoins, d’émotions, de stratégies de régulation émotionnelle et de comportement social qui résultent de l’interaction du système d’attachement avec une histoire particulière des expériences d’attachement ».


L'attachement amoureux

Les psychologues Hazan et Shaver sont les premiers, en 1987, à avoir proposé une théorie de l’attachement spécifique de l’adulte dans ses relations amoureuses. Ils ont ainsi développé le concept « d’attachement romantique », partant du principe que l’attachement adulte se noue auprès du partenaire amoureux au même titre que l’attachement de l’enfant se construit auprès de ses parents. Pour ces psychologues, le parallèle est évident : avec ses parents comme avec un partenaire amoureux, les êtres humains ont besoin de se sentir en sécurité, de disponibilité et d’obtenir une réponse appropriée lorsqu’ils se sentent en détresse. Ils ont besoin de se sentir engagés et de contact. Ils se sentent en insécurité lorsque le partenaire se rend inaccessible. Un couple a également tendance à partager un langage propre et qui n’appartient qu’à lui, ressemblant pour beaucoup parfois à un « langage bébé ».

Tous ces comportements et sentiments poursuivent les mêmes objectifs : éprouver un sentiment de sécurité qui fait partie des besoins humains fondamentaux et parvenir à une bonne régulation des émotions. Seule différence avec l’enfance : la sexualité qui est présente dans la relation romantique alors qu’elle ne peut se concevoir au sein de la relation parent-enfant. D’après Hazan et Shaver qui les ont étudiés, les comportements sexuels diffèrent en fonction des styles d’attachement amoureux : les personnes insécures ambivalentes (attachement romantique « préoccupé ») trouveraient davantage de plaisir dans la tendresse que dans la sexualité, alors que les personnes insécure-évitantes (attachement romantique « détaché ») rechercheraient davantage la sexualité et accepteraient davantage d’avoir des relations sexuelles en l’absence de sentiments.


Les styles d'attachement romantique

Compte tenu de la continuité du système d’attachement entre l’enfance et l’âge adulte, Hazan et Shaver suggèrent que les mêmes styles d’attachement devraient se retrouver aux deux époques. Aussi, les styles d’attachement romantique reprennent ceux existant chez l’enfant et se répartissent de la manière suivante :

- Attachement sécure (60% de la population) : il concerne les individus qui n’ont aucune difficulté à devenir intimes et à faire confiance à leur partenaire.

- Attachement évitant (20%) : il concerne les personnes qui souhaitent échapper à la dépendance affective et qui évitent consciemment ou inconsciemment de s’engager dans des relations durables. Ces personnes éprouvent des difficultés à être proches des autres et n’apprécient pas non plus que l’on devienne trop intime avec elles. Le style évitant a été scindé en deux styles d’attachement romantique : détaché et craintif (voir plus bas).

- Attachement ambivalent (20%) : il concerne les individus qui ont des demandes affectives démesurées qui les mènent à la frustration ou à des inquiétudes à propos de la relation. Ils ont peur d’être abandonnés et remettent en question de manière incessante la sincérité de l’amour de l’autre. Cette attitude conduit souvent à la jalousie, au soupçon, au contrôle, voire à la domination.


Ces théorisations ont conduit à distinguer deux dimensions fondamentales de l’attachement romantique : l’anxiété et l’évitement dans la relation. La dimension de l’évitement renvoie à la peur de l’intimité et de la dépendance, alors que la dimension de l’anxiété renvoie à la peur de l’abandon. A partir de ces deux dimensions, quatre styles d’attachement amoureux ont été distingués (voir tableau ci-dessous) :

- romantique sécure qui correspond à l’attachement sécure de l’enfant,

- romantique préoccupé qui correspond au style ambivalent,

- romantique détaché qui correspond à l’attachement évitant,

- romantique craintif qui correspond au à l’attachement désorganisé-désorienté.

La distinction entre style détaché et craintif concerne les liens entre l’évitement et les modalités de défense : les personnes ayant un style détaché arrivent à supprimer les pensées et les émotions en désactivant l’attachement tandis que les personnes ayant un style craintif échouent dans leurs tentatives de désactivation et de détournement de l’attachement.


Les styles d’attachement romantique selon les deux dimensions d’évitement et d’anxiété. L’évitement renvoie à la peur de l’intimité et de la dépendance ; l’anxiété renvoie à la peur d’être abandonné.

• Style romantique sécurisé (évitement et anxiété faibles) : ce style caractérise des individus très confiants dans les relations intimes et recherchant la proximité affective du partenaire. Tout en considérant le couple comme une base de sécurité solide, ils peuvent être très autonomes et n’ont pas besoin d’être réassurés en permanence sur l’amour de leur partenaire.


• Style romantique détaché (évitement élevé et anxiété faible) : ce style caractérise des individus qui n’éprouvent pas le besoin de rechercher de l’intimité affective avec le partenaire ou de partager des émotions avec lui. Ils insistent sur leur indépendance vis-à-vis du partenaire.


• Style romantique préoccupé (évitement faible et anxiété élevée) : ce style caractérise des individus très inquiets concernant leurs relations intimes (peur d’être abandonné, de ne pas être aimé) et qui cherchent alors à être extrêmement proches et dépendants de leur partenaire.


• Style romantique craintif (évitement et anxiété élevés) : ce style caractérise des individus qui cherchent l’affection apportée par les relations intimes mais ont aussi peur d’être rejetés par leur partenaire en ce qui concerne leurs demandes affectives. Ils imposent alors souvent une distance à leur partenaire en ne se confiant pas avec une totale sincérité, malgré leur besoin d’entrer en relation et d’être sécurisés par celui-ci.


Implications dans la vie amoureuse

Il existe de nombreuses conséquences du style d’attachement dans la vie amoureuse des personnes, surtout lorsque les relations dérapent, semblent toujours se renouveler à l’identique ou conduisent à des ruptures. Il n’est ainsi pas rare d’entendre des femmes verbaliser en entretien qu’elles ont l’impression de toujours « s’embarquer » dans le même type de relation, avec des partenaires qui au fond ne leur conviennent pas et ne leur permettent d’accéder ni au bonheur, ni à l’épanouissement, ni à la sérénité. Non pas qu’elles soient à blâmer (elles ne peuvent pas être coupables d’aimer !), mais leur style d’attachement peut les conduire à vivre « l’éternel retour du même ».

Or, si l’amour est un art constant du compromis, il ne peut pas être envahi par le conflit, l’hostilité et la colère. Il ne peut pas être nourri par la peur (peur de l’abandon, de ne pas être aimé(e), de ne pas être à la hauteur, peur du dénigrement et de l’humiliation) et par les comportements défensifs d’évitement (éviter le rejet, se défendre d’affects douloureux et intenses).


Chez certaines personnes partageant des traits appartenant à la personnalité borderline (c’est-à-dire avec une impulsivité marquée, une hyperactivation émotionnelle et des états émotionnels facilement changeants), le lien amoureux à l’autre est tellement problématique qu’il peut aller jusqu’à une alternance déstabilisante entre idéalisation et dévalorisation du partenaire, ce qui peut conduire à une perturbation de l’identité même. De plus, ce n’est pas parce que le lien amoureux est recherché qu’il offre pour autant de la satisfaction, de l’apaisement ou des relations de confiance. Un attachement amoureux craintif peut devenir une source de tension et même de souffrance psychologique intolérable. Il peut mobiliser des attitudes de grande réactivité émotionnelle marquées par l’agressivité, la haine ou l’auto-destruction ou des attitudes contradictoires. Dans un rapport pouvant devenir agressif en réaction à la détresse, ces patientes tentent continuellement de savoir si elles peuvent être aimées ou si elles continuent à être considérées comme indignes d’amour, des personnes qu’on rejette et qu’on abandonne. Quand les réponses ne viennent pas, et pour éviter de sombrer, un mode « protecteur détaché » peut se mettre en place : troubles des comportements alimentaires, prise d’alcool ou de drogues, achats compulsifs, conduites à risque. En thérapie, ces comportements sont souvent présentés comme l’objet principal de la demande de soin alors qu’ils constituent en réalité une conséquence. Face à une image de soi brouillée ou dévalorisée, un temps de pause est nécessaire pour amener les patientes à faire la paix avec leur expérience intérieure et à l’accueillir avec douceur et compassion pour soi.


La psychothérapie

Pour ces personnes, connaître leurs modalités d’attachement qui opèrent à un niveau inconscient est un premier pas thérapeutique. Cette prise de conscience peut s’initier en utilisant le questionnaire sur les expériences d’attachement amoureux (QEAA-Traduction francophone de l’ECR). Ce questionnaire a été créé par Brennan, Clark et Shaver en 1998, puis traduit et validé en langue française par Lafontaine et Lussier en 2003. Il investigue les attentes, les sentiments et les comportements des sujets à l’égard de leur partenaire amoureux. Ce questionnaire permet de situer la personne sur les dimensions de l’anxiété et de l’évitement dans la relation amoureuse. Il permet également d’indiquer quel est le style d’attachement privilégié par la personne. Ce n’est pas tant les chiffres ou catégoriser les personnes qui sont importants que la qualité des réponses. Elle permet d’initier le questionnement et de faire des liens en psychothérapie. En mettant en route son système de mentalisation, le patient peut redevenir acteur de sa vie en identifiant et comprenant mieux ses attitudes et ses croyances sur soi et autrui (états mentaux) en fonction d’une compréhension préalable de ses états émotionnels. En se connectant à ses valeurs, c’est-à-dire à ce qui est important pour lui, il est également mis en capacité de trouver du sens et à comparer ce qu’il a vécu jusque-là dans ses relations amoureuses au regard de la manière dont il souhaiterait qu’elles se passent.

Au cours d’un travail de thèse très complet Matthieu Reynaud (2011) a observé que les femmes déprimées qu’il observait mettaient souvent en relation les différents liens d’attachement passés (parentaux) et présents (amoureux et interpersonnels), dans le sens de l’insécurité. Quel que soit l’objet d’attachement (parents, partenaires amoureux, les autres en général), ces femmes réalisaient que les liens qu’elles établissaient habituellement ne cessaient d’être insécurisés. Ainsi, les relations d’attachement actuelles décrites comme négatives (en particulier les relations amoureuses) réactivaient et prenaient sens au regard de la manière dont ces femmes se représentaient leurs expériences parentales passées. C’est certainement la raison pour laquelle beaucoup de psychologues cliniciens s’accordent à dire qu’il n’est pas possible de comprendre et de traiter le vécu d’insécurité, dans les relations d’attachement actuelles (en particulier dans le couple), sans faire référence et sans faire le lien avec les représentations d’attachement de l’enfance avec les parents. Mettre en lumière, au cours de la psychothérapie, les attachements de l’enfance (« les scénarii relationnels de l’enfance ») pourrait ainsi ouvrir sur la perspective d’ajuster, modifier et rendre plus harmonieuses les relations présentes, telles qu’elles se déroulent dans le couple. Cette mise en lien entre attachement passé et présent pourrait permettre d’infléchir le sentiment d’insécurité actuel en réélaborant les aspects négatifs et insécurisés des liens d’attachement passés.

Sources

Ainsworth, M. (1989). Attachments beyond infancy. American Psychologist, 4, 709-716.


Bowlby, J. (1978). Attachement et perte. L’attachement (vol 1). Paris: traduction française de Weil, Presses Universitaires de France, le fil rouge.


Bowlby, J. (1978). Attachement et perte. La séparation : angoisse et colère (vol 2). Paris: traduction française de Weil, Presses Universitaires de France, le fil rouge.


Bowlby, J. (1984). Attachement et perte. La perte, tristesse et séparation (vol 3). Paris: traduction française de Weil, Presses Universitaires de France, le fil rouge.


Bowlby, J. (1988). A secure base : clinical implications of the attachment therapy. Londres : Routledge.


Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.). Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). New York, NY: GuilfordPress.


Lafontaine, M.-F., & Lussier, Y. (2003). Bidimensional structureof attachment in love: Anxiety over abandonment and avoidance of intimacy. Canadian Journal of Behavioural Science, 35, 56–60.


Reynaud, M. (2011). Le modèle de l'attachement adulte dans la perturbation de la régulation émotionnelle et des liens affectifs des femmes hospitalisées souffrant de dépression (Doctoral dissertation).

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